11/01/2012

La communauté française ne peut plus subsidier des activités culturelles francophones en terre flamande

la peur de l’étiquette francophone

LAMENSCH,MICHELLE

Page 24

Jeudi 8 décembre 2011

FrancophonieL’APFF présente au Forum sur les minorités, de l’ONU, à Genève

entretien

Les 29 et 30 novembre, l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) a participé, à Genève, à la quatrième session du Forum sur les questions relatives aux minorités du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Il s’agissait pour elle d’assurer le suivi de la plainte pour « non-respect des droits culturels et du statut de minorité des Francophones de Flandre » introduite auprès du comité, le 21 avril.

L’APFF dénonce le fait que la Flandre ait obtenu, via la Cour d’arbitrage, que la Communauté française ne puisse plus subsidier des activités culturelles enterre flamande, tout en refusant de les subsidier elle-même. Edgar Fonck, directeur de l’APFF (avec Marcel Bauwens), s’explique sur les raisons de la plainte.

Qu’avez-vous fait à Genève ?

En margede l’examen périodique universel de la Belgique devant l’ONU, en mai, nous avions été interpellés par le fait que le député FDF Damien Thiéry, avait trouvé étrange que le ministre des Affaires étrangères (à l’époque, Steven Vanackere CD&V), n’ait pas fait mention des problèmes de la minorité francophone de Flandre. Ceci a motivé notre plainte à l’ONU, qui invite la société civile à participer activement à la défense des droits de l’homme, au cours du Forum des minorités. Il était consacré, cette année, aux femmes en situation de minorité. Nous avons été accrédités. Et nous y sommes allés, pour faire nos classes… Nous nous sommes retrouvés aux côtés de représentants de la société civile, d’une vingtaine d’experts et de délégations des différents pays. À ma droite, j’avais la représentante des Etats-Unis ! Ce Forum est très intéressant car chaque participant peut dire ce qu’il pense.

Où en est votre plainte ?

Nous n’avons pas de réponse.Notre procédure est « judiciaire ». Elle sera longue, plusieurs comités doivent l’accepter mais, en cas de succès, les experts peuvent condamner la Belgique… Nous allons prendre rendez-vous avec tous les pays qui se sont inquiétés – dans les rapports ! – de la situation en Belgique, lors de l’examen périodique universel de notre pays : Etats-Unis, Russie, Inde, Tchéquie, Slovénie, Mexique, Argentine, Ouzbékistan, Hongrie, Belarus, etc.

La Belgique ne pourra plus continuer éternellement à opposer à l’ONU, comme le ministre Vanackere l’a fait, qu’il n’existe pas chez nous de consensus sur la notion de minorité… La Belgique a d’ailleurs promis de faire un rapport intermédiaire sur la question dans deux ans… Nous serons prêts. Nous ne nous laisserons plus bluffer par un rapport…

Vous évoquez un génocide culturel silencieux. C’est très fort…

En Flandre,les francophones ne peuvent pas ouvrir leurs écoles comme ils le souhaitent. Ils peuvent organiser une soirée culturelle dans l’arrière-salle d’un restaurant mais s’ils veulent avoir des conférenciers de renom ou monter une troupe de théâtre, il leur faut des moyens financiers supérieurs. Les locaux communaux sont accessibles aux représentants de toutes les cultures, sauf aux francophones.

Qui vous soutient ?

Un mécénat vieillissant francophone, entré en action lors de la fixation de la frontière linguistique.Cela fait 50 ans !

N’y a-t-il pas de relève ?

C’est de plus en plus difficile.Dès qu’il y a un annuaire des membres, il y a une réelle crainte auprès des jeunes des professions libérales, médecins, avocats, etc. Quasi-personne dans la vie active ne souhaite se retrouver avec une étiquette francophone… Il faut vraiment avoir envie de défendre une cause pour s’afficher en tant que francophone en Flandre. « Exploration du Monde » a dû plier bagage à Gand. Les gens étaient accueillis par des extrémistes. Or, ils veulent avoir la paix. Il y a donc discrimination. D’où l’utilité de la convention cadre, qui englobe les aspects administratifs et culturels de la présence francophone en Flandre.

apff

L’Association

pour la Promotion de la Francophonie en Flandre compte 600 membres, à Gand, Renaix, Anvers, dans les Fourons, le Limbourg, le long de la côte et en périphérie. Elle est née, il y a une quinzaine d’années, quand « Exploration du Monde » a dû cesser ses activités, sous la menace d’extrémistes flamingants. L’APFF sert de relais à 70 associations culturelles francophones.

Commentaires

que ce gouvernement inutile soit supprimé ! les subsides apparaîtront par miracle !
quant à Genève...ils doivent se dire qu'on est complètement débile en Belgique d'avoir autant de gouvernements !

Écrit par : cochon payeur | 11/01/2012

Ceci n'a rien à voir avec la crise mais avec le problème communautaire où les francophones sont laissés pour compte

Écrit par : sarels | 11/01/2012

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