02/01/2012

Avenir de l'Europe

 

  • En bref : G. Verhofstadt croit en l'avenir de l'euro

     

    Guy Verhofstadt, qui dirige le groupe libéral a parlement européen, explique à la RTBF qu'il veut qu'on fasse un grand pas en avant vers une union économique et monétaire. Cela ne se fera que grâce à un transfert massif de compétences des Etats membres vers le niveau européen.

    Le député européen Open Vld Guy Verhofstadt, qui a été Premier ministre de 1999 à 2008, c’est-à-dire au moment de l’introduction de l’euro, dit ne pas du tout douter de l’avenir de la monnaie unique, interrogé par Hervé de Ghellinck : "Même si les hommes politiques européens hésitent encore à prendre des décisions, ils seront obligés de faire des réformes très profondes en 2012 pour établir cette Europe économique, fiscale et politique. Aujourd’hui, d’un côté on a la monnaie unique, qui fonctionne bien, et de l’autre côté on continue avec 17 gouvernements, 17 ministres des Finances, 17 marchés obligataires différents, bref : 17 politiques différentes. Voilà le problème, ce qu’on demande au niveau des marchés, c’est qu’on crée cette union économique et fiscale qui peut fonctionner parallèlement avec l’union monétaire. C’est ça la vraie crise autour de l’euro, qu’on ne pourra résoudre qu’avec un transfert massif de nouvelles compétences des Etats membres vers le niveau européen. Avec le dos au mur, on n’a pas d’autre choix. C’est ça ou la disparition de l’euro. Et il n’y a personne qui veut la disparition de l’euro. Certainement pas l’Allemagne, qui a profité de l’existence de l’euro avec des prestations économiques spectaculaires".

    La BCE doit faire pression sur les hommes politiques

    Pour Guy Verhofstadt, des pays comme les Pays-Bas, la Pologne, l'Italie ou la Belgique doivent absolument faire contrepoids au duo franco-allemand Sarkozy-Merkel qui se montre trop intergouvernemental.

    Pour le moment, la Banque centrale européenne stabilise la zone euro en injectant massivement des liquidités dans les banques européennes, en achetant des bons d’Etat des pays en difficultés, explique Guy Verhofstadt, "mais on ne peut pas continuer comme ça". La Banque centrale européenne "doit garder la pression sur les hommes politiques pour qu’ils prennent les décisions. C’est maintenant aux hommes politiques de faire un pas en avant dans l’intégration européenne".

    Pour Guy Verhofstadt, les politiques d’austérité dans les pays européens sont "nécessaires parce que des dettes publiques gigantesques ont été créées pendant la crise en 2008", mais en même temps il faut créer de la croissance. Et la meilleure façon, "c’est de créer un marché obligataire unique qui peut attirer l’épargne des autres parties du monde : la chine, le Brésil, le Moyen-Orient".

    Guy Verhofstadt se montre plutôt optimiste face à l’arrivée du Danemark, dirigé par une coalition majoritairement pro-européenne, à la présidence de l'Union européenne. Mais il ne faudrait pas pour autant attendre les consultations populaires annoncées dans ce pays sur sa participation à l'ensemble des politiques européennes: "On n'a pas le temps d'attendre l'entrée des Danois, il faut avancer avec le Benelux, l'Italie, la France, l'Allemagne, etc, pour créer cette union économique et fiscale", conclut-il.

    A.L. avec H. de Ghellinck

 
 

20:25 Écrit par Jeannine Sarels dans Actualité, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe |  Facebook |

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