11/09/2011

Périphérie bruxelloise: Essor des listes francophones des 6 aux 19 communes

 
    La tache d’huile au-delà des « Six »

VANOVERBEKE,DIRK:  LE  SOIR

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Jeudi 8 septembre 2011

Etude VIVES décrypte l’essor des listes francophones dans dix-neuf communes

Peut-on, sur la base des résultats des élections communales organisées depuis 1976, conclure à une hausse de la francisation dans la périphérie bruxelloise ? »

C’est la question à laquelle vient de répondre une étude effectuée par Wout Frees pour VIVES (Vlaams Instituut voor Economie en Samenleving), le centre de recherche scientifique attaché à la KUL.

L’enquête distingue, parmi les dix-neuf communes qui forment la première couronne autour de Bruxelles, les six communes à facilités des treize autres, dénuées de facilités.

Dans les « six », la réponse est « oui » et sans appel : en 20 ans, la progression des votes en faveur des listes francophones est fulgurante : de près de 30 % en 1976, elles en ont recueilli près de 60 % lors des dernières communales de 2006. Un doublement des voix francophones en l’espace de six scrutins. La tâche d’huile francophone qui pourrit les nuits des nationalistes flamands n’est pas une fiction. Conséquence : les listes bilingues et néerlandophones en paient les frais. Pendant la même période, elles se sont respectivement tassées de 36,5 à 18,7 % et de 35,4 à 22 %.

Pour l’auteur de l’étude, ce constat s’explique par deux phénomènes : « D’une part, la hausse du nombre de francophones dans la population et de l’autre, une polarisation accrue entre les deux communautés : elle explique le recul des listes bilingues essentiellement introduites par des francophones. »

Dans les treize communes sans facilités, l’évolution des scores des listes flamandes est proche du statu quo. La progression des listes francophones, moins spectaculaire que dans les six communes à facilités, se poursuit toutefois (de 14,2 à 20,2 % en 20 ans) au détriment des listes bilingues (qui perdent plus de la moitié de leurs électeurs).

Linkebeek, francophonissime

Dans les six communes à facilités, quatre affichent des taux de progression spectaculaires en faveur des listes francophones. C’est Linkebeek qui ouvre la marche : entre 1976 et 2006, les listes francophones ont vu leur pourcentage de voix passer de 52,46 % à 83,87 %. Une hausse de 30 % en 30 ans.

Wezembeek-Oppem la suit à quelques longueurs : 75,97 % des voix y ont été émises sur des listes francophones lors du dernier scrutin communal. Une progression de près de 40 % en 30 ans. Suivent ensuite Crainhem (76,40 % en faveur des listes francophones en 2006, en hausse de 20 %) et Rhode-Saint-Genèse (63,95 %, en hausse de 22 %).

Drogenbos et Wemmel ont la particularité d’avoir, elles, jusqu’au dernier scrutin de 2006, présenté systématiquement de fortes listes bilingues.

En 2000, elles recueillaient à Wemmel une large majorité (67,43 % contre 31,04 % aux néerlandophones et… 1,53 % aux francophones.) Six ans plus tard, les listes bilingues ne recueillaient « plus » que 43,4 %, un recul qui a permis aux listes francophones d’engranger 25,1 % des voix contre 31,42 % aux listes néerlandophones.

Le phénomène est encore plus marquant à Drogenbos qui, lors des scrutins de 1988, 1994 et 2000, ne présentait que des listes bilingues.

En 2006, elles ont été remplacées par des listes bilingues et francophones. Résultat : 58,55 % pour les premiers, 41,45 % pour les seconds.

Leeuw-St-Pierre, l’exception

Dans les communes sans facilités, l’étude pointe quelques communes dans lesquelles les listes francophones engrangent des voix.

Ce sont celles de Beersel (20 % engrangés en 2006), Dilbeek (14,8 %), Grimbergen (13,1 %), Hoeilaert (16,2 %), Overijse (12,68 %), Tervuren (20,70 %), Vilvorde (14,47 %) et Zaventem (19,73 %).

A Asse, Machelen, Meise et Merchtem, les listes francophones et bilingues ne sont que très sporadiquement présentées et quand elles le sont, elles ne recueillent que quelques poignées de voix.

En revanche, une commune fait exception, celle de Leeuw-Saint-Pierre. La seule liste francophone de cette commune sans facilités avait glané 10,63 % des voix en 1976. Lors du dernier scrutin, elle recueillait 21,21 % des  suffrages. Une nouvelle tache d’huile francophone dans une commune sans facilité…

CONCLUSIONS

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