11/09/2011

Maingain à la Libre : Il faut arrêter le massacre

11/09

* NEGOCIATIONS * Olivier Maingain à la Libre : « Il faut arrêter le massacre ! »

 

Dans une interview accordée à La Libre et publiée ce samedi 10 septembre, Olivier Maingain tire la sonnette d’alarme à propos des négociations communautaires sur la réforme de l’Etat.

« Une nouvelle fois, les Flamands sont en train de tricher. Ils tentent de nous revendre les facilités en périphérie pour la xième fois. Quant aux droits judiciaires en périphérie, ce n’est même pas une compensation à la scission de BHV, c’est une situation acquise. Dans le même temps, les francophones doivent relever la barre des exigences face aux demandes flamandes. En juin 2010, dans une interview à La Libre, Joëlle Milquet disait qu’il fallait un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie que c’ était une question d’équité. »

Mais, aujourd’hui, Madame Milquet semble avoir oublié ses engagements. Bye, bye le lien territorial, elle n’en parle plus.

« Si Madame Milquet et M. Javaux venaient à reparler d’une lien territorial, vous verriez les Flamands changer d’état d’esprit, ils comprendraient qu’il faut enfin parler les limites de Bruxelles » ajoute Olivier Maingain.

Au lieu de cela, les francophones ont reculé sur tout jusqu’à l’arrivée du MR à la table des négociations. Et leurs demandes par rapport aux exigences flamandes sont très faibles. « Il faut arrêter le massacre" s’écrie le président des FDF « La négociation est plus hypocrite depuis que la N-VA n’est plus à la table. Le CD&V veut les avantages du séparatisme sans les inconvénients. Et puis, il ne faut pas perdre de vue que la périphérie n’est qu’un élément dans la stratégie flamande. Ils veulent la récupérer mais ils ont déjà mis Bruxelles dans leur collimateur. Petit à petit, la Flandre s’approprie Bruxelles. La couleur des taxis bruxellois, qui roulent, aujourd’hui, aux couleurs de la Flandre, en est un exemple. C’est anodin à première vue, mais pour les nombreux étrangers qui débarquent à Bruxelles, les hommes d’affaires notamment, les couleurs flamandes sont clairement inscrites sur les taxis bruxellois, dont Bruxelles fait partie de la Flandre. Les exemples ne manquent pas. ».

On pourrait aussi citer la présence grandissante des bus de la société flamande « De Lijn » qui, tout en roulant souvent à vide, ont pris possession de la région bruxelloise de manière très visible. Tout cela n’est pas innocent.

Et quand il parle d’élargissement, Olivier Maingain fait preuve d’une grande ouverture d’esprit : « Il y a l’élargissement territorial, mais il y a aussi l’extension territoriale de la Fédération Wallonie-Bruxelles (extension des compétences comme cela avait été proposé et accepté par tous les partis flamands sauf Spirit lors des négociations de 2005).

Le président amarante est choqué par le chantage exercé par les Flamands sur les francophones : « Si vous n’acceptez pas la scission de BHV, vous serez responsables de la situation économique du pays. C’est immonde »

A propos du refinancement de Bruxelles, « rien n’est clair », poursuit Olivier Maingain « On annonce un refinancement de 461 millions, mais on ne précise pas si les compétences qui seront transférées aux régions seront financées. Ce que propose Elio Di Rupo est insuffisant. Il envisage ainsi de porter atteinte à la progressivité de l’impôt. Ce qui signifie que les classes moyennes risquent de quitter Bruxelles pour la Flandre où on paiera moins d’impôts. Résultat, Bruxelles va s’appauvrir. Le vrai refinancement de Bruxelles, c’est l’élargissement en faisant entrer dans la région des populations qui vont contribuer ainsi que la perception de l’IPP sur le lieu du travail. »

Il est évident que les négociations ne sont pour l’instant pas à l’avantage des francophones. La faiblesse des négociateurs cdH, PS et Ecolo en est évidemment la cause. De plus en plus de militants et sympathisants de ces partis l’ont bien compris. C’est ainsi qu’une grande partie de la section cdH d’Anderlecht vient de rejoindre les FDF. Ces gens sont déçus par la politique de Madame Milquet en qui ils n’ont plus confiance. Une prise de conscience révélatrice.

Il n’est pas trop tard pour les francophones, mais il est temps de réagir. Sinon la Wallonie et Bruxelles risquent de vivre des temps pénibles.

Guy Debisschop Porte-parole

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