27/07/2011

Olivier Maingain : Négociations, il y aura des modifications substantielles

 

 

Maingain : "Il faut briser le carcan bruxellois"

Francis Van de Woestyne

Mis en ligne le 27/07/2011

Le “deal” du président du FDF : approfondir certains transferts de compétences. Et, en même temps, créer un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie.

Le président du FDF, Olivier Maingain, s’est fait très discret ces derniers temps. Il sort enfin de sa réserve et propose un "deal" aux francophones et aux Flamands: on peut, après vérifications, aller plus loin dans les transferts de compétences proposés par le formateur, Elio Di Rupo. Mais, en revanche, les partis flamands doivent comprendre que les francophones souhaitent que Bruxelles ait un lien territorial avec la Wallonie. Ce sera le gage, dit-il, d’un Etat stabilisé. Explications.

Il y a eu une certaine euphorie due au fait que le CD&V acceptait finalement la négociation sans la N-VA: partagez-vous ce sentiment?

Je partage le volontarisme de mener une négociation avec des résultats concrets.

Le président du CD&V a finalement été arrimé aux 7 autres partis. Pensez-vous qu’il soit, pour de bon, “déscotché” de la N-VA?

Nous le vérifierons quand nous aurons conclu la négociation. Soyons honnêtes, il n’y a pas, sur le contenu de la négociation, quelque résultat qui soit engrangé. Mais on a enfin trouvé des interlocuteurs qui acceptent une négociation avec la volonté de s’éloigner d’un certain discours au nord du pays.

La N-VA, ce parti dont vous avez dit tant de mal, n’est plus là. Heureux...?

Je le serai lorsqu’au terme de la négociation, on vérifiera que les partis flamands ont abandonné les thèmes nationalistes qui ont malheureusement été trop répandus dans la classe politique flamande ces dernières années. C’est le résultat de la négociation qui comptera.

La méthologie – BHV et certains sujets institutionnels d’abord, la négociation gouvernementale après – vous convient-elle?

Que l’on commence par les sujets qui sont au cœur de la réforme de l’Etat, quoi de plus logique. Mais il ne faudra pas sous-estimer les enjeux socio-économiques. Cela dit, je suis d’accord de commencer par ce moment de vérité que sera la négociation institutionnelle.

Vous avez toujours affirmé qu’à toute demande de scission de BHV, il fallait exiger l’élargissement de Bruxelles. La note du formateur ne le prévoit pas...

Entre le point de départ - la note du formateur - et ce qui sera le point d’arrivée de la négociation, il y aura forcément plus qu’une évolution. Il y aura des modifications substantielles, sinon la négociation n’a pas de sens. Elle n’a de sens que si l’on accepte de revoir certains points et parfois même les fondements de la note de M. Di Rupo. Lui-même a dit qu’elle n’était pas à prendre ou à laisser.

Il faudra toutefois maintenir un équilibre...

BHV est en quelque sorte le "stress test" institutionnel de l’Etat belge. De la solution qui sera donnée à ce dossier, on saura si le pays est enfin stabilisé dans un système fédéral, quitte à ce qu’il soit approfondi, ou si, par contre, on évolue vers un séparatisme qui ne dit pas son nom avec l’étape préalable du confédéralisme. Une scission de BHV et l’acceptation d’une frontière linguistique, qui deviendrait une future frontière d’Etat, est le plus puissant levier pour nourrir le nationalisme et le séparatisme au nord du pays. Car, dans ce cas-là, Bruxelles est enfermée en Flandre. Et Bruxelles enfermée en Flandre, c’est un encouragement pour les nationalistes et les séparatistes de progresser sur la voie de l’indépendance de la Flandre, avec Bruxelles dans leurs bagages. Il faudra que l’on parle, en effet, de la manière de briser le carcan qui enferme Bruxelles en Flandre.

Débat impossible, inaudible, inacceptable en Flandre...

Moi, je dis ceci aux francophones: nous devons être capables d’accepter une grande réforme de l’Etat, parfois bien au-delà de ce que nous voulions. Mais à l’inverse, les partis flamands, s’ils sont sincères et donc s’ils se détachent vraiment d’un discours nationaliste, peuvent comprendre que nous n’acceptons pas, comme Bruxellois et comme francophones, que Bruxelles n’ait pas un lien territorial avec l’autre Région qu’est la Wallonie. Car c’est la manière d’établir une relation équilibrée entre Bruxelles et ses deux régions voisines.

 

 
MIC - Belgique
 

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