29/06/2011

Amnistie et Valeurs démocratiques

Le 16 mai 2011

Amnistie : « Y a-t-il encore dans ce pays la volonté de fonder un projet commun sur le respect de valeurs démocratiques essentielles ? »

 

Invité de Pascal Vrebos dimanche après le journal télévisé de RTL-Tvi et ce lundi de Bertrand Henne dans Matin Première (RTBF), Olivier Maingain s’est chaque fois indigné de la manière à laquelle les partis démocratiques flamands ont pris en considération, jeudi dernier au Sénat, une proposition de loi du Vlaams Belang qui vise à amnistier les collaborateurs de l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale tout en remettant en cause le caractère des actes odieux qu’ils ont commis

 

« Je considère, qu’en agissant de cette manière, les présidents des partis démocratiques flamands (à l’exception de Groen), Caroline Gennez (s.pa), Alexander De Croo (Open VLD), Wouter Beke (CD&V) et Bart De Wever (N-VA) ont failli au devoir de reconnaissance que nous devons manifester vis-à-vis des victimes de l’occupation. En permettant l’examen d’un texte portant sur le caractère supposé des actes commis, les présidents de partis flamands ont également »permis d’accréditer« cette thèse. »

Pire, dimanche, sur les ondes de la RTBF, le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), a suggéré d’aborder la question de l’amnistie des collaborateurs de la seconde guerre mondiale « en adulte » en se montrant prêt « à oublier, parce que c’est du passé ».

Ce qui fit sortir Olivier Maingain de ses gonds

« Si nous avions un gouvernement fédéral de plein exercice et pas démissionnaire, il y aurait certainement un débat sur le maintien dans l’exercice de ses fonctions du ministre de la Justice » signala le président des FDF à Bertrand Henne « L’amnistie collective des collaborateurs du régime nazi est inacceptable, tant au nord, qu’au centre, qu’au sud du pays. Ce n’est pas un problème communautaire. La collaboration n’a pas été propre à une des deux communautés de ce pays. Malheureusement, il n’y a qu’une seule communauté pour demander la réhabilitation des inciviques au mépris de la mémoire de ceux qui ont été victimes de l’occupant nazi. Il n’est pas acceptable que les partis flamands s’alignent sur un parti fasciste comme le Vlaams Belang pour revendiquer un tel débat. »

Comme le dit justement Olivier Maingain, au nord du pays, de plus en plus de démocrates flirtent avec l’extrême droite, un jeu subtil qui tend à la rendre acceptable par la population flamande. Avec pour résultat, des prises de position et des décisions politiques qui bafouent de plus en plus souvent la démocratie, comme on le constate notamment en périphérie où, pour rappel, depuis 2006, trois bourgmestres, démocratiquement élus pour ne pas dire plébiscités, attendent toujours leur nomination…

« Je regrette qu’une fois de plus, il y a du côté flamand, toujours une demande supplémentaire par rapport à leurs exigences institutionnelles » fit encore remarquer le président amarante à Bertrand Henne « Comme si, et c’est pour cela que je crois que ce n’est plus un débat entre Flamands et francophones, les francophones sont responsables de l’évolution d’une certaine opinion publique, au nord du pays, qui est en train de sortir du périmètre des valeurs universelles de la démocratie. Je considère qu’il y a un véritable débat sur cette évolution dangereuse qui est en train de menacer les grands équilibres institutionnels de la Belgique. Nous sommes bien au-delà du débat institutionnel classique, nous sommes en train de toucher à l’essence même du fonctionnement d’un Etat. Est-ce qu’il y a encore la volonté de fonder un projet commun sur le respect de valeurs démocratiques essentielles. » La question mérite effectivement d’être posée.

Toujours chez Bertrand Henne, un mot sur la fameuse note remise par Wouter Beke au Roi.

« D’après ce que j’ai lu dans la presse, c’est un recul » poursuit Olivier Maingain « Elle ne répond pas à la question essentielle. Qu’on veuille une fois pour toutes prendre en compte qu’on ne fait pas d’accord de manière durable si on ne rencontre pas l’attente des populations concernées. Que demandent ces populations ? De ne plus être livrées à l’arbitraire des autorités flamandes. Cet arbitraire émeut même les instances internationales et européennes qui, de plus en plus, considèrent que les politiques discriminatoires en périphérie sont inacceptables. C’est pour ça que je reviens toujours à mon exigence : parlons d’abord de la volonté de respecter des accords internationaux qui garantissent les libertés fondamentales. S’il y a cette volonté-là, alors la Flandre ne peut que changer de pratique politique. Dès lors, sur base de ce que je sais de la note de Wouter Beke concernant BHV, c’est non. Je n’ose imaginer que les francophones, qui se sont tous engagés à réclamer l’élargissement de Bruxelles, s’il y a scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, puissent se reconnaitre dans la proposition de Monsieur Beke. Il y aura scission quand des communes, et à fortiori des communes où il y a une forte présence francophone, quittent l’arrondissement de Bruxelles. Cela voudra dire que ces électeurs-là ne pourront plus voter avec Bruxelles. Alors, il faudra élargir de Bruxelles. ».

Guy Debisschop Porte-parole

 

P.-S.

Consulter l’intervention d’Olivier Maingain en séance plénière de Chambre sur ce sujet : http://fdf.be/spip.php?article3752&...

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