10/03/2011

La N-VA est un parti populiste


Par Fabrice Grosfilley dans cd&v, nva , le 10 mars 2011 07h03

nvacarnet

C’est  sans doute l’une des clefs de la négociation actuelle, une des raisons aussi qui permet de comprendre pourquoi la négociation dure si longtemps. Le parti de Bart De Wever est-il un parti politique belge classique, comprenez un parti dont le but est de peser sur l’action gouvernementale et donc capable d’accepter au final un compromis, ou bien s’agit-il d’un parti  hors-norme, un parti  dont le but premier n’est pas la participation au pouvoir et qui préférera au final rester dans l’opposition ?

Officiellement Bart De Wever a toujours dit qu’il était prêt à bâtir un compromis, et que l’heure était venue pour une grande réforme de l’état, une étape intermédiaire dans son projet d’indépendance de la Flandre. C’est le sens du discours qu’il a tenu dès le soir des élections.

Si on observe bien ce qui s’est passé ces derniers jours on a pourtant le droit de douter. La N-VA se place en effet régulièrement en dehors du jeu politique traditionnel. Elle prend ainsi régulièrement ses potentiels partenaires de coalition à contrepied.

 

Opposition avec le CD&V

Premier exemple la mission de Wouter Beke. Le négociateur  a à peine le temps de dire qu’il veut négocier avec 9 partis que les nationalistes lui demandent d’éclaircir qui fera ou non partie de la coalition. Pire, on se met d’accord dans le monde politique pour travailler sans afficher de date limite, et Jan Jambon, chef de groupe N-VA à la chambre pose un ultimatum pour le mois d’avril.

Deuxième exemple sur une analyse de fond. Un gouvernement en affaires courantes peut-il préparer un budget et le transmettre à l’union européenne ? Pour le monde politique classique la réponse est oui. Le roi lui-même a d’ailleurs demandé à Yves Leterme de le faire.  Pour la N-VA la réponse est non. C’est important de souligner qu’en défendant cette thèse la N-VA vide le gouvernement Leterme de toute substance et qu’elle défend des positions radicalement différentes de celles du CD&V.

Le spectre du port du voile

3e exemple la proposition de nommer Fernand Koekelberg à une poste d’officier de liaison entre les gouvernements régionaux et la police fédérale. L’idée vient du gouvernement.  A peine est-elle sur la table que la N-VA estime qu’on va trop vite, et qu’il faut attendre les résultats de l’enquête. Pour les nationalistes Fernand Koekelberg devrait donc rester sans affectation.

4e exemple : la présence dans une réunion de travail à la chambre d’’une attachée parlementaire, flamande, portant le foulard. C’est une personne privée pas une fonctionnaire publique dit le règlement, pas de problème. La N-VA a pourtant décidé d’en faire un  incident envisage, par presse interposée de faire changer le règlement pour interdire le port du voile dans l’ensemble des bâtiments parlementaires.

Dans ces 4 exemples la N-VA a donc adopté une position qui est en décalage avec celle des partis qui composent la majorité.  Dans les 4 cas on voit que la communication vers l’opinion publique est l’un des moteurs premiers du posionnement nationaliste. Faisons abstraction des négociations en cours, si l’on oublie les discours et qu’on juge sur les actes, la N-VA se comporte clairement comme un parti d’opposition.

16:22 Écrit par Jeannine Sarels dans Actualité, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : n-va, populisme, parti d'opposion |  Facebook |

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