07/02/2011

Pas de contreparties significatives en faveur des francophones: Van Delanotte

 
Damien Thiéry: "De la poudre aux yeux" des francophones
05.01.11 - 08:54

Le bourgmestre non nommé de Linkebeek Damien Thiéry regrette qu'il n'y ait pas de front uni des francophones qui participent aux négociations. Pour lui, la note du conciliateur est "trop flamande" et viserait à diviser les francophones de la périphérie.

Interrogé par Arnaud Ruyssen sur les éléments de la note du conciliateur Johan Vande Lanotte qui ont été diffusé dans les médias, le député FDF Damien Thiery, FDF, bourgmestre non nommé de Linkebeek, "a l'impression que les partis francophones qui devraient participer à la négociation n'ont pas remis leurs revendications. Donc, on assiste à une sorte de partie unilatérale. Je regrette qu'il n'y ait pas de front au niveau des francophones et qu'il n'y ait pas une consultation régulière pour voir quel est l'intérêt des francophones dans leur globalité". Faut-il pour autant refuser la note du conciliateur ? Selon Damien Thiéry, Johan Vande Lanotte "a été suffisamment malin pour expliquer que sa note devait être amendée, critiquée positivement ou négativement. On verra ce qu'il en est. Je crois que personne ne va prendre la responsabilité de dire 'non' et de tout remettre en question. Donc on va plus que probablement aller vers des négociations qui risquent de s'éterniser. Mais il y a certainement des points qui sont et qui restent inacceptables : c'est - et pourtant tous les partis francophones étaient bien d'accord avec ça au départ pour le dire - la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde sans avoir un élargissement de la Région bruxelloise".

"De la poudre aux yeux"

La scission de BHV, telle qu'elle figure dans la note à amender du conciliateur, se ferait avec la possibilité pour les habitants des six communes à facilités de voter pour des listes bruxelloises. Pour Damien Thiéry, cette "proposition c'est de la poudre aux yeux : donner la possibilité à tous les francophones de la périphérie de voter d'un côté ou de l'autre de la frontière bruxelloise, c'est évidemment avant tout diviser les voix des francophones. Sur les 80 000 francophones qui peuvent actuellement voter dans la périphérie, si 40 000 décident de voter à Bruxelles, il restera 40 000 voix dans le Brabant flamand qui ne serviront à rien puisqu'on n'arrivera pas avec ce nombre-là de voix d'avoir un élu. Donc c'est de la poudre aux yeux. C'est un pari que fait la Flandre sur le fait que les gens ne vont pas vouloir se déplacer pour voter à Bruxelles. Le souhait des francophones c'est de pouvoir voter pour des francophones dans un arrondissement qui existe pratiquement depuis le début de la Belgique. La seule solution n'est pas la scission pure et simple, il y a d'autres solutions".

"On laisse tomber 80 000 francophones"

Damien Thiéry "s'inquiète terriblement qu'on ne parle déjà même plus des communes sans facilités. Cela veut dire qu'on laisse tomber entre 80 et 90 000 francophones qui ont, à l'heure actuelle grâce à cet arrondissement, encore des droits. Petit à petit, la Flandre va vers son objectif final, qui est la scission de cet arrondissement. Ce qu'il faut savoir c'est que, après la scission de cet arrondissement, ce sera petit à petit la fin des facilités, comme c'est déjà en cours par la mise en application de la circulaire Peeters et consorts".

Le MR redoute un "renoncement" des négociateurs francophones

Sur Bel-RTL, Daniel Bacquelaine, chef de groupe libéral à la Chambre et candidat à la présidence du parti, a estimé que les négociateurs francophones étaient "dans le reniement ou le renoncement", ceux-ci se contentant, à ses yeux, de "réagir aux exigences flamandes".

Selon lui, le texte tel qu'évoqué à l'heure actuelle comporterait des "atteintes graves aux droits des francophones", notamment avec la scission de l'arrondissement judiciaire "qui ne permettra plus aux francophones de la périphérie" d'être jugés en français.

Sur la radio Twizz, Olivier Maingain, président du FDF, a déploré les "avancées substantielles" pour la Flandre, avec notamment des transferts importants de compétences et la "scission unilatérale" de l'arrondissement électoral et judiciaire de BHV.

"On cherche un peu en vain les contreparties significatives en faveur des francophones, et de Bruxelles en particulier. A l'évidence, on se demande si les partis francophones ont déposé une note avec leurs priorités. En tout cas, je ne retrouve pas grandes traces de ces demandes dans la note Vande Lanotte", a-t-il conclu.

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